À quel moment est-il de mise d’utiliser l’autodéfense ? Cette question doit être répondu, afin de bien comprendre quand est-ce qu’il est approprié de posé un geste ou non. Comme nous nous devons de vulgariser cette réponse, même pour les enfants, nous avons mis en place un protocole simple et non absolu. (Dans le cas des enfants de bas âge, je vous suggère de réduire à 3 « P », comme : parler, partir et protection).
Voici un cadre qui pourra vous motiver à suivre les démarches dans l’apprentissage de l’autodéfense.
Prévention
La prévention est de loin la meilleure forme d’autodéfense qui soit, car elle permet d’éviter des situations conflictuelles ou potentiellement à risque pour nous et nos proches. La plupart du temps, des gestes aussi simples que de barrer ses portes, se faire raccompagner et de choisir le quartier dans lequel on vie minimisent les risques d’agressions.
Projection
La projection est l’image de nous-même que nous reflètons aux yeux de notre agresseur. N’oublions jamais que nous sommes des mammifères et que le prédateur priorisera toujours la proie facile. D’où, par la pratique des arts martiaux, il est courant de gagner en confiance en soi, jusqu’à nous donner confiance qu’en cas de besoin nous serons en mesure de se défendre. Par exemple, il n’est pas rare que des agresseurs s’en prennent aux enfants ou aux personnes âgées. De même lorsqu’on pense aux intimidateurs, ils auront tendance à s’attaquer aux plus vulnérables.
Planification
La planification nous permet d’avoir une longueur d’avance et d’avoir en tête un scénario de défense si jamais une agression arrivait. Ainsi, nous ne sommes pas pris par surprise et nous avons déjà un protocole réfléchi. Par exemple, si nous devons retourner seul à la voiture, avoir son téléphone en mode d’appel ou simuler d’avoir une discussion est une option efficace. Dans le cas de l’intimidation, par définition, les manifestations sont récurrentes. Alors, on peut planifier des actions et des paroles qui nous préparerons à la prochaine confrontation.
Jusqu’à maintenant, nos 3 premiers « P » sont en aval, soit avant qu’il y est une altercation. Les prochains seront en amont.
Parler
La parole est le mode de communication préconiser pour décrire ce que l’on désire (ex. prise d’otage) ou encore pour exprimer la colère. Cependant, advenant un manque de mot pour exprimer l’escalade de colère, il s’en suivra souvent des gestes violents. Heureusement, une personne habile peut trouver les paroles nécessaires pour désamorcer une situation et calmer le jeu. Par exemple :
– « Qu’est-ce que tu regardes de même, c’est quoi ton problème…? »
– « Bien, je m’excuse, ma mère est décédée aujourd’hui et elle avait la même couleur d’yeux que toi… »
Partir
Lorsque les paroles ne mènent à rien ou que la situation ne nous offre pas l’occasion de dialoguer, il est temps de partir. Cela évitera d’agir de façon irréfléchie, ce qui pourrait engendrer des blessures corporelles à soi et à autrui. N’hésitez jamais de quitter et laisser votre orgueil de côté si vous sentez que vous pourriez regretter un de vos gestes.
Protection
Nous sommes arrivés au point où votre vie est présentement en danger. Il est temps d’agir en utilisant la force nécessaire pour se défendre. C’est à cette étape que nous utilisons les moyens d’autodéfense dont nous disposons pour sauver son intégrité physique.
Procédures légales
Il est possible de gagner son combat, mais de perdre son procès. Alors il faut d’une part cibler l’intention de l’agresseur et en dernier recours, utiliser la force. Après s’être assuré que l’assaillant est hors d’état de nuire, il faut s’assurer de sa sécurité et aller chercher de l’aide, en occurrence le 9-1-1. Il faut toujours dénoncer la situation à la police, pour vous protéger, s’il devait y avoir des procédures légales plus complexes, comme un procès. Je vous conseille fortement de vous en tenir à cette phrase : « J’ai utilisé la force nécessaire compte tenu du contexte ».
Psychologie
Une agression ne laisse pas uniquement des blessures physiques; elle peut aussi ébranler profondément la confiance en soi. La peur, l’anxiété et le sentiment d’insécurité peuvent persister bien après l’événement. L’autodéfense ne s’arrête donc pas lorsque le danger est écarté : elle se poursuit par un processus de reconstruction.
La pratique des arts martiaux aide progressivement à reprendre confiance, à retrouver un sentiment de contrôle et à se sentir à nouveau en sécurité. Chaque entraînement devient une occasion de rebâtir son estime et son autonomie.
C’est dans cette optique que notre dojo est reconnu comme fournisseur de services pour l’IVAC (Indemnisation des victimes d’actes criminels). Nous accompagnons des victimes afin qu’elles puissent retrouver les moyens de se reconstruire, tant physiquement que psychologiquement.
L’objectif ultime de l’autodéfense n’est pas seulement de survivre à une agression, mais de retrouver sa liberté, sa confiance et sa qualité de vie.
En conclusion, bien que certaines agressions ne nous permettent pas d’appliquer à la lettre les 8 « P » , ce modèle vous guidera dans les étapes à suivre si vous avez à vous défendre plus sérieusement.
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À propos de l’auteur
Larry Foisy enseigne les arts martiaux depuis plus de 30 ans. Il est 6e dan Shihan/Renshi en Shorinjiryu Karatedo et est également reconnu comme Shihan par la Dai Nippon Butoku Kai de Kyoto, au Japon. Kinésithérapeute de formation et titulaire d’une maîtrise en informatique, il allie les connaissances scientifiques à une pratique martiale traditionnelle.
Fondateur et directeur du Centre d’arts martiaux Larry Foisy ainsi que de la boutique spécialisée e-TAO.ca, il enseigne quotidiennement le Karatedo, le Iaido (Muso Jikiden Eishin-ryu, 3e dan) et l’Iaijutsu (2e dan KNBK), le Koshiki — dont il est ancien champion du monde, arbitre international et organisateur du Championnat canadien ouvert —, le Kudo, le Kyusho-jitsu (2e dan), le Goshin-jutsu (autodéfense) ainsi que le Bukki-ho (armes traditionnelles d’Okinawa).
Son parcours comprend également le judo (1er kyu), le Muay Thaï et l’aïkido. Il pratique également le jiu-jitsu brésilien et le Tai Chi Chuan. Animé par une passion profonde pour le budo, il a choisi de consacrer sa vie à l’étude, à la pratique et à la transmission des arts martiaux traditionnels.
À travers ses chroniques, Larry Foisy souhaite partager non seulement des connaissances techniques, historiques et philosophiques, mais aussi les valeurs de respect, de rigueur, de persévérance et de développement personnel qui constituent le véritable héritage des arts martiaux.